CGEU 2016

REGISTRATION OPEN FOR CGEU 2016 – LOS ANGELES!

The 2016 meeting of the Coalition of Graduate Employee Unions will take place from August 13-16 in Los Angeles. Head over to the conference website to register for the conference and learn more about this year’s event.

 

*le français suit*

CGEU 2016: Collective Action Gets the Goods!

In 1966, a small group of graduate student workers in Madison, Wisconsin gathered to form a union; Wisconsin’s TAA soon became the first graduate union to win recognition, inaugurating the grad labor movement in (Anglophone) North America. As we gather to commemorate half a century of our movement in the continent this year, it is an opportune moment to reflect on our history and future. Who are we? What have we accomplished over the past fifty years? Will the conditions of academic labor be better in 2066 than in 2016?

We have much to celebrate in the half century of struggles. As we are all aware in our struggles and everyday lives, exploitation, indebtedness and precarity in our present and future are ubiquitous conditions of academic workers under neoliberal capitalism. However, contrary to the general trend of the decline of the labor movement, academic unionism has seen continual growth, especially over the past two decades; and we have seen a wave of new organizing campaigns on multiple campuses, especially in the United States. In so many universities across the continent, a grad union has served as the indispensable line of defense for our livelihood, rights and dignity; a space for political contestation amidst the apolitical kind of professionalism prevalent in academic life; and a place for much-needed sociality in the oft-isolating environment.

From the beginning, the academic labor movement has always been deeply rooted in the conceptions of social movements and social justice, which are broader than sometimes held in unions. The Wisconsin workers in 1966 emerged from the anti-Vietnam War protests; two years later, the French union of academic lecturers became a leading force in the early phase of the May ’68 uprising. In more recent years, grad unions have continued to play a key role in larger social struggles, from the Wisconsin Capitol occupation to Québec’s “Maple Spring”. Even as the use of strikes has declined among unions, the grad labor movement has not hesitated to use the only real source of power we have as workers; the recent strikes at Toronto, York, Simon Fraser, Oregon and CUNY, among others, have inspired us all. Furthermore, numerous grad unions have made pioneering contributions within the labor movement in prioritizing the demands of LGBTQ workers, campaigning to democratize their own union, and promoting international solidarity with oppressed peoples.

On the other hand, we have constantly faced skepticism over our very status as workers. Struggling against misrecognition of our labor, in the eyes of the public, legal system or even ourselves, has often been a central part of our unionization process; and the alleged non-labor status of our labor is still the basis to deny recognition of the most basic of union rights in numerous states and the private sector in the United States. Unlike for much of the labor movement, the simple truth that #WeAreWorkers becomes a political statement for us.

As workers in a capitalist society, we all share common interests and struggles; but as grad workers, we particularly hold so much in common with each other, in our experiences of organizing and struggle in the academic sector. The CGEU offers an invaluable opportunity for us as grad workers to come together and build comradeship, when we are otherwise separated into different international unions. In that spirit, we invite you to Los Angeles this summer for four days of reflection, strategizing and celebration of the history and future of our movement. As the academic labor movement expands and gains in strength, while political situations become increasingly volatile and the attacks on the working-class intensify, now is the time to think boldly while broadening and deepening the bonds of solidarity among us academic workers. Comrades, join us and we have a world to win!

CGEU-CSEE 2016: Seule la lutte collective paie !

En 1966, un petit groupe d’employé-e-s étudiant-e-s à Madison, Wisconsin se sont regroupé-e-s pour fonder un syndicat; la TAA (Teaching Assistant Association, Association des auxiliaires d’enseignement) est vite devenue le premier syndicat d’employé-e-s étudiant-e-s à s’accréditer, marquant le début du mouvement du syndicalisme universitaire étudiant en Amérique du Nord anglophone. Quand nous nous rencontrons cette année pour commémorer un demi-siècle de notre mouvement, nous avons l’opportunité pour réfléchir sur notre passé et notre avenir. Qui sommes-nous? Quels étaient nos victoires dans les dernières cinquante années? Les conditions du travail étudiant seront-elles meilleurs en 2066 qu’en 2016?

 

Nous avons beaucoup à célébrer dans cette histoire de lutte d’un demi-siècle. Comme nous reconnaissons tou-te-s dans nos luttes et dans nos vies personnelles, l’exploitation, la dette et la précarité sont les conditions largement répandues du travail étudiant d’aujourd’hui et de l’avenir sous le capitalisme néolibéral. Cependant, contrairement à la tendance générale du déclin du mouvement syndical, le syndicalisme universitaire a vécu une croissance continue, en particulier pendant les deux dernières décennies, et nous avons vu une vague de campagnes nouvelles de syndicalisation sur plusieurs campus, particulièrement aux États-Unis. À plusieurs universités à travers le continent, un syndicat étudiant a servi comme ligne de défense indispensable pour notre gagne-pain, nos droits et notre dignité, comme espace de contestation politique parmi le professionnalisme apolitique du milieu académique et comme espace bien nécessaire de vie sociale parmi l’aliénation universitaire.

Dès le début, le mouvement du syndicalisme universitaire a toujours pris racine dans les visions des mouvements sociaux et pour la justice sociale, des visions qui sont souvent plus larges de celles qu’on voit dans le mouvement syndical. Le syndicat au Wisconsin est né en 1966 du mouvement contre la guerre au Viêtnam, et deux ans plus tard, les travailleurs et travailleuses académiques en France ont joué un rôle central dans la première phase des évènements de mai 1968. Plus récemment, les syndicats étudiants ont continué à jouer des rôles clés dans les luttes sociales larges, de l’occupation du capitole du Wisconsin au Printemps érable au Québec. En dépit du déclin général de l’exercice du droit de grève parmi les syndicats, le mouvement syndical étudiant n’a pas cessé d’utiliser le seul moyen réel de pression qu’ont les travailleurs et les travailleuses, et les grèves récentes aux universités de Toronto, York, Simon Fraser, Oregon et CUNY, entre autres, nous ont inspiré tou-te-s. De plus, plusieurs syndicats étudiants ont été parmi les premiers à lutter pour la démocratisation syndicale, les revendications du mouvement LGBTQ et la solidarité internationale avec les peuples opprimés.

Sur l’autre côté, nous avons fait face à un scepticisme même à l’égard de notre statut comme travailleur-euse-s. La lutte pour la reconnaissance de notre travail, dans les yeux du public, le système juridique et même avec nos collègues a été un élément central de notre processus de syndicalisation, et le statut présumé de « non-travail » de notre travail a servi comme justification principale pour la non-reconnaissance des droits syndicaux les plus élémentaires dans plusieurs États et à travers le secteur universitaire privé au complet aux États-Unis. Contrairement à la plupart des syndicats, la vérité que #WeAreWorkers (#NousSommesDesTravailleurEUSEs) constitue pour nous une prise de position politique.

Comme travailleur-euse-s dans une société capitaliste, nous partageons tou-te-s des intérêts et luttes communs, mais comme employé-e-s étudiant-e-s nous avons d’autant plus en commun, de par nos expériences d’organisation et de lutte dans le secteur universitaire. La CGEU-CSEE nous offre une opportunité inestimable de nous réunir et construire une solidarité syndicale internationale, car sinon nous serons tou-te-s séparé-e-s dans des syndicats nationaux et internationaux différents. Dans cet esprit, nous vous invitons à Los Angeles cet été pour quatre jours de réflexion, de stratégie et de célébration du passé et de l’avenir de notre mouvement. Le mouvement syndical étudiant est en avance, lorsque la conjoncture politique devient de plus en plus volatile et les attaques contre la classe ouvrière deviennent de plus en plus intenses, et il est maintenant le moment pour rêver audacieusement et pour approfondir notre solidarité comme travailleurs et travailleuses universitaires. Camarades, venez nous joindre, nous avons un monde à gagner!